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Les Victoires : Frédéric Le Corre, un risque calculé

Témoignage 28/05/2016

Les Victoires : Frédéric Le Corre, un risque calculé

Frédéric Le Corre

Frédéric Le Corre

  - 36 ans

plombier

« La formation m’a donné l’occasion de reprendre ma vie en mains. Aujourd’hui, ce n’est que du bonheur ! »

En bref

Employé pendant 15 ans par une entreprise d’horticulture, Frédéric Le Corre a décidé d’entamer une reconversion dans le métier d’installateur thermique et sanitaire par le biais d’une formation au centre Afpa de La Valette.

« La formation m’a donné l’occasion de reprendre ma vie en mains. Aujourd’hui, ce n’est que du bonheur ! » Au téléphone, la voix de Frédéric Le Corre, rapide, légère, avec cette pointe d’accent chantant qui vous met du soleil dans l’oreille, souligne encore un peu plus toute la félicité qui l’anime.

Car il est content, Frédéric. Très content même. Content d’avoir donné à son existence une nouvelle impulsion, content d’avoir osé sauter le pas, content d’avoir vaincu ses hésitations et ses doutes, content d’exercer enfin un métier reconnu. Content, quoi !
 

Terre sans horizon

Il faut dire que pour ce Toulonnais de 36 ans, il était temps de changer d’air. Quinze ans à planter les mêmes horizons de rangs d’oignons ou de tomates, les mêmes kilomètres de courgettes, de crocus et autres giroflées, sur 16 hectares de culture avaient fini par lui miner le moral.

« Je n’en pouvais plus », avoue-t-il. Pourtant, lorsque, en 2000, après avoir arrêté ses études d’électrotechnique parce qu’il voulait travailler, il est entré comme saisonnier chez un horticulteur, deuxième plus gros producteur de plants en France, l’activité lui convenait.

« Au début, c’est vrai, ça me plaisait : c’était physique, je travaillais en plein air et ce n’était pas très compliqué. Et puis, j’avais été pris en CDD au bout de trois mois, malgré mon manque d’expérience et mon absence de diplôme, alors… »

Mais la routine s’installe vite. La routine et un certain manque de possibilités d’avancement social. « Le métier était sans perspective de carrière, il n’y avait pas de promotion interne et je manquais de temps pour ma famille, car il fallait toujours en faire plus pour gagner moins ! En pleine saison, au printemps, on pouvait travailler jusqu’à 70 heures par semaine… On faisait des fleurs, mais le patron, lui, ne nous en faisait pas ! »

Face à cette situation, il songe un temps à changer d’entreprise, mais il s’aperçoit assez vite que, malgré sa longue expérience, son statut d’ouvrier non qualifié n’en serait pas modifié pour autant…
 

Un bilan de compétences et un métier concret entre les mains

Seule solution à ses yeux : entreprendre une formation qualifiante pour « avoir un métier concret entre les mains ». Mais Frédéric hésite. « J’avais peur de demander une formation, car il fallait passer par le patron. Je craignais ses réactions à mon retour dans l’entreprise si la reconversion ne marchait pas. C’est finalement ma femme, Céline, qui m’a ouvert les yeux et m’a poussé à faire autre chose. »

En 2013, il finit par se décider et opte pour une formation de plombier. « Pourquoi plombier ? Parce qu’on en a toujours besoin ! », plaisante-t-il.  Mais le dossier de financement, mal ficelé, mal préparé car un rien précipité, lui est refusé.

Retour à la case départ. Frédéric ne se laisse pas abattre pour autant. Il décide de refaire une demande, en prenant contact au préalable avec un conseiller en formation du FAFSEA, le financeur de la formation des salariés agricoles. « Son aide m’a été précieuse, analyse aujourd’hui Frédéric. Il m’a recommandé de faire un bilan de compétences, ce que j’avais négligé lors de ma première demande et qui est très important dans une démarche de financement.»

Moins flou, plus concret en termes d’employabilité et de débouchés, et surtout lesté du précieux bilan de compétences, le dossier est, cette fois, accepté.
 

Un formateur en or !

Direction le centre Afpa de La Valette (Var), pour une formation d’installateur thermique et sanitaire de neuf mois. « C’était la formation la plus complète, car le titre professionnel couvrait le sanitaire mais aussi le chauffage. »

Après un mois de stage dans l’entreprise Teissère, un plombier indépendant recommandé par un ami, Frédéric entame sa recherche d’emploi durant ses vacances. « Ça n’a pas été facile, car on me regardait avec méfiance en raison de mon manque d’expérience. C’était difficile à vivre. »

Finalement, le 1er juin 2015, l’entreprise TNT Paca, située à la Seyne sur mer (Var), l’engage pour un CDD de neuf mois en remplacement d’un salarié parti à la retraite.

« L’Afpa avait monté un dossier de synthèse de toutes mes réalisations au cours de la formation. Je l’ai montré au patron et je crois que c’est ça qui l’a décidé à me donner ma chance, reconnaît volontiers Frédéric.  Seul problème : je quittais un CDI pour un CDD qui doit s’arrêter en février 2016. Mais il faut faire des choix dans la vie et savoir prendre des risques. Et puis, ça me fait quand même neuf mois d’expérience ! »

Aujourd’hui, Frédéric travaille en binôme avec un chauffagiste qui a 15 ans d’exercice derrière lui, ce qui l’aide beaucoup à progresser. « Je n’ai plus cette monotonie du métier qui m’a si longtemps pesé sur les épaules. Chaque jour est différent, chaque mission pose un problème particulier et il faut être capable de s’adapter pour trouver la meilleur solution et réaliser un travail soigné. C’est vraiment un métier passionnant. »

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