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Fil info 06/02/2026

Mieux connaître ses apprenants, LA clef pour une formation réussie

Le vendredi 30 janvier dernier l’Afpa organisait, avec le Ministère du Travail et la revue Education permanente, un colloque nommé : « Les publics en formation, de qui parle-t-on ? ». Cet évènement nous amène à nous questionner sur le profil des apprenants et comment les accompagner.

Mieux connaître ses apprenants, LA clef pour une formation réussie

L’expérience et la réflexion de chaque intervenant, couplé aux questions du public a permis à chacun d’en apprendre plus sur un sujet essentiel pour la formation professionnelle : la connaissance de notre public.

A L’Afpa, par exemple, les publics en formation sont très différents : actif en reconversion, jeunes qui découvrent le métier de leur rêve, ancien militaire, chômeur de longue ou courte durée… Une telle diversité est une chance car personne ne doit être exclu de la formation professionnelle. Mais cela impose à l’ensemble du personnel formateur de connaître ces différences pour exploiter au mieux le potentiel de chacun et faire d’une formation une réussite professionnelle.  
Cette journée de réflexion collective au Cnam, qui a regroupé plus de 100 chercheurs, praticiens, institutionnels et acteurs de terrain a permis de mettre en lumière des pistes concrètes et des enseignements précieux pour mieux appréhender ces publics dans toute leur complexité

La diversité en chiffres

Ce sont les chiffres qui mettent en avant cette diversité. Le public de l’Afpa est mixte avec 60% d’hommes pour 40% de femmes. 49% des candidats étaient sans emploi dont 18% en recherche de longue durée. 7% de l’ensemble des apprenants sont en situation de handicap. Côté réussite 79% des apprenants obtiennent leur diplôme permettant à 70% d’entre eux de retrouver un emploi dans les mois qui suivent, avec un léger avantage pour les apprenants ayant déjà obtenu un diplôme dans le passé. L’ensemble de ces chiffres traite de l’année 2024.

Yves Magnan, directeur général du Forem (une institution belge similaire à l’Afpa), tire un constat similaire, en mettant en avant un point à améliorer : « Seulement 25% de nos stagiaires viennent de façon spontanée. Il faut donc qu’on s’ouvre davantage aux personnes qui n’osent pas faire le premier pas. ». La vision belge diffère de la française. Là-bas on ne parle plus de « demandeurs d’emplois » mais de « chercheurs d’emplois », une dénomination engageante qui en dit long sur la responsabilité que porte les chômeurs.

« Créer un incubateur d’inclusion sociale »

La mission de l’Afpa a toujours été de contribuer à l’inclusion sociale, l’émancipation individuelle et la vitalité des territoires. Pour continuer dans cette direction, Christophe Sadok, directeur de l’ingénierie et de l’innovation à l’Afpa présente un nouveau projet : la création d’un Observatoire de l’inclusion sociale, conçu comme un « Lab » au service des dynamiques territoriales et de la demande sociale.

Il aura pour vocation de :

·       Comprendre ce qui se joue entre les besoins des publics et les besoins économiques des territoires : les leviers, les mécanismes, les freins et les moteurs de l’inclusion,

·       Travailler sur les bassins de vie, qui ne se confondent pas toujours avec les bassins d’emploi, pour mieux saisir les dynamiques locales,

·       Innover, tant sur les processus que sur les outils, pour rapprocher l’offre et la demande, pour inventer de nouveaux moyens de répondre aux besoins d’emploi et aux attentes des publics,

·       Influencer les dispositifs d’accompagnement, la façon dont nous accompagnons les publics, pour plus d’efficacité et d’équité,

·       Mettre en place des incubateurs de l’inclusion sociale, véritables laboratoires d’expérimentation pour tester de nouvelles modalités d’accompagnement, de formation, de mise en relation,

·       Réconcilier les logiques économiques et sociales, les attentes des employeurs et les aspirations des personnes.

Se confronter à des contextes difficiles

« L’une des priorités est de renforcer l’implication des personnes. On ne peut pas contrer la baisse d’attractivité sans une association des personnes dans leur mouvement. ». C’est avec ces mots que Marcel Jaeger, professeur émérite du Cnam et président de l’Unaforis, décrivait la marge de progression du corps formateur.

Un manque d’implication qui ne vient pas de nulle part comme le décrit Sylvie Gillodts, conseillère au Centre académique de formation continue de Versailles : « Certaines personnes ont tendance à se sédentariser pour éviter la confrontation avec des situations et contextes difficiles. Pour certains, la non-maîtrise des compétences de base rend ces personnes dépendantes. » .

Une approche partageait par Béatrice Delay, cheffe de projet à France Compétences et professeure associée au Cnam : “Le formateur ne doit pas adopter une posture classique mais plutôt endosser le rôle de facilitateur en observant sans intervenir le travail d’une personne tout en la guidant vers le bon raisonnement”.

« Lâcher prise sur le contenu pour se rapprocher des apprenants »

Alexandra Deville, ingénieure de formation à l’Afpa argumente : « Il y a un travail de déconstruction des stéréotypes pour s’ouvrir à tous et que les stagiaires deviennent acteurs de leur formation. On utilise des leviers pour apporter la souplesse nécessaire au formateur pour qu’il puisse s’adapter à son public. Parfois en lâchant prise sur le contenu, en maintenant les objectifs de certification, pour se rapprocher des apprenants ». Une idée qui peut surprendre mais qui engagerait davantage les apprenants. De cette manière les formateurs connaîtront mieux leurs stagiaires permettant un épanouissement de ces derniers dans leur cursus.