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Jean-Marie Simonet : à 69 ans, il réalise son rêve ferroviaire

Témoignage 30/05/2016

Jean-Marie Simonet : à 69 ans, il réalise son rêve ferroviaire

Jean-Marie Simonet

Jean-Marie Simonet

  - 69 ans

conducteur de locomotive

" J'ai réalisé mon rêve d'enfant."

En bref

Conduire de vieilles locomotives à vapeur. Un rêve d'enfant. Mais pour accéder à ce rêve, Jean-Marie Simonet, 69 ans, devait avoir un diplôme de niveau IV ( baccalauréat). Ce qu'il a obtenu grâce à la VAE.

Sur la photo du Populaire, en Limousin, il est comme un enfant émerveillé par la locomotive miniature qu’il tient entre ses mains. « Ma passion a dû commencer vers 5-6 ans, j’allais voir passer les trains à Châteauroux, où nous habitions. Mon père aimait les trains aussi. Mais il n’y a jamais eu de cheminot dans la famille », explique Jean-Marie Simonet, ce grand-père de deux petits-enfants.

Lui non plus n’a pas fait carrière à la SNCF. Après un bac maths et technique non obtenu, passé en 1965, il entre directement dans le monde du travail : dans la distribution de fruits et légumes, auprès d’épiciers, puis de grandes surfaces qui apparaissaient à cette époque. 

« J’ai géré des rayons de fruits et légumes, détaché en hypermarché, puis pour une chaîne de superettes. J’ai animé une équipe de vente, je suis ensuite passé à la distribution de surgelés, avant un plan de licenciement. J’ai fini ma carrière dans les produits carnés. »

 

Diplôme indispensable pour conduire des locomotives

À l’heure de la retraite en 2006, il entre dans l’association Chemins de fer touristiques Limousin-Périgord (CFTLP), qui remet en état des machines à vapeur et les fait rouler sur le réseau de la SNCF. « Nous avons 3 locomotives à vapeur, une loco diesel et des wagons de passagers. Tous les ans, nous organisons le train touristique de Limoges à Eymoutiers, près du lac de Vassivière. »

Le train emprunte les voies nationales de la SNCF, d’où la nécessité de respecter certaines spécifications concernant la sécurité, le matériel et la conduite des trains. « J’ai passé des épreuves théoriques, mais pour les valider et réaliser mon rêve d’enfant, conduire, il me fallait produire un diplôme de niveau IV », précise Jean-Marie Simonet.

L’association CFTLP est partenaire de l’Afpa. Le problème de diplôme fait naître l’idée de la VAE.

 

Accompagné sur les bons rails

Les choses vont alors s’accélérer. Mis entre les mains expertes de la référente Cellule Certification Haute-Vienne au centre de Limoges, notre cheminot en herbe va tenter de valider le métier qu’il a exercé durant sa vie professionnelle : responsable de rayons en grande surface. 

« J’ai fait un retour sur moi-même, des recherches sur mon parcours pour le structurer et le présenter au jury. Après le 1er entretien, j’étais plutôt sceptique. » « L’ordinateur, ce n’était pas simple pour lui afin de remplir son DSPP (dossier de synthèse de pratique professionnelle) », se souvient sa référente. Sa femme l’aide aussi.

Le 16 novembre, il valide le titre par la VAE. Le jury, perplexe au début, voit qu’il a en face de lui quelqu’un de sérieux et déterminé. « Les examinateurs ont été intéressés par mon parcours, son côté historique, les évolutions du métier d’une époque à l’autre. J’étais un dinosaure pour eux », sourit Jean-Marie Simonet.

Bel exemple, pour ceux qui voient souvent la VAE comme un parcours du combattant !

 

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