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Fil info 01/10/2026

Maintenance industrielle : elles font bouger les lignes

Maintenance industrielle : elles font bouger les lignes

Longtemps considérée comme un univers essentiellement masculin, la maintenance industrielle s’ouvre progressivement à davantage de mixité. Au centre Afpa de Beaumont, Charlotte, Marie-Ange et Audrey suivent aujourd’hui une formation de Technicienne de maintenance industrielle en alternance.

Trois parcours différents, mais une même volonté : apprendre un métier technique, concret et dans lequel les compétences ne dépendent pas du genre.

 

Trois parcours, une même envie de se lancer

 

Avant la maintenance industrielle, Charlotte, 29 ans, avait évolué dans des univers très différents : agriculture, vente, accueil en camping ou encore restauration rapide. À la recherche d'un métier davantage manuel, elle s'est orientée vers la maintenance industrielle et réalise aujourd'hui son alternance chez Michelin à Bourges.

Ce qu'elle apprécie particulièrement ? La diversité des connaissances acquises, de l'électricité à la mécanique en passant par l'hydraulique et le pneumatique.

« J'ai appris beaucoup de choses et, comme je suis d'une nature curieuse, ça m'a stimulée. Le côté manuel de la formation m'a beaucoup aidée à avancer. »

 

Marie-Ange, 25 ans, réalise quant à elle son alternance chez Michelin à Roanne. 

Dans son équipe de maintenance, elle est actuellement la seule femme, aux côtés d'une responsable également féminine. Une situation qui pouvait susciter quelques interrogations avant son arrivée. « Comme c'est un milieu masculin, je pouvais avoir quelques craintes sur les préjugés. Mais au final, pas du tout. J'ai été très bien intégrée. »

L'alternance lui permet surtout de mettre en pratique les connaissances acquises à l'Afpa directement sur les équipements de l'entreprise et de gagner progressivement en autonomie.

 

Pour Audrey, 31 ans, intégrer la formation de Technicienne de maintenance industrielle représente une véritable reconversion professionnelle. Issue du secteur textile et de la couture, elle recherchait un métier manuel, dynamique et polyvalent.

« Reprendre les études à 31 ans, il faut le vouloir et s'accrocher. Je me dis que je peux réussir dans ce type de métier : si on se donne les moyens, on peut le faire. »

 

Apprendre en formation, expérimenter en entreprise

 

Électrotechnique, mécanique, pneumatique, hydraulique, maintenance préventive, diagnostic et recherche de pannes… la formation permet d'acquérir des compétences dans plusieurs domaines.

L'alternance constitue également un véritable atout : les connaissances travaillées sur les plateaux techniques de l'Afpa peuvent ensuite être confrontées aux situations rencontrées en entreprise.

Pour Arnaud Degironde, formateur maintenance sur le plateau industrie de l'Afpa de Beaumont, cette articulation entre formation et entreprise est particulièrement enrichissante : « Ils mettent en application ce qu'ils ont vu. En entreprise, ils découvrent aussi les machines et acquièrent déjà une expérience qui leur servira pour la suite. »

 

« Il ne faut pas faire de différence »


Si les femmes restent encore minoritaires dans les métiers techniques de l'industrie, cette tendance tend progressivement à diminuer. Une évolution qu'Arnaud observe également au fil des formations et de ses visites en entreprise.

Le caractère physique du métier, parfois considéré comme un frein, évolue lui aussi avec les conditions de travail. Moyens de levage, équipements adaptés et réflexion autour de l'ergonomie permettent aujourd'hui de réduire certaines contraintes physiques, pour les femmes comme pour les hommes.

Pour le formateur, la question de la mixité doit finalement être abordée simplement :

« Quand je forme des hommes ou des femmes, ça ne change rien. Il ne faut pas faire de différence, c'est le principe. »

Au-delà des compétences individuelles, la mixité permet aussi de réunir des approches et des points de vue différents face aux situations rencontrées en maintenance.

 

Oser franchir le pas

 

À celles qui hésiteraient encore à se tourner vers un métier industriel parce qu'il est perçu comme masculin, les trois alternantes adressent finalement un message commun : essayer avant de se mettre soi-même des barrières.

Marie-Ange résume : « Il ne faut pas hésiter, il faut se lancer. Si on ne se lance pas, on n'osera jamais et ça restera un milieu fermé aux femmes, alors qu'une femme est tout à fait capable de le faire elle aussi. La preuve avec nous. »

Audrey partage la même conviction : « Il ne faut pas s'arrêter aux préjugés et aux a priori. Si on n'essaie pas, on ne saura pas. »

Et Charlotte préfère conclure avec une formule qui lui ressemble : « Il faut oser se lancer : on ne sait jamais, ça peut toujours marcher ! »

À travers leurs parcours, Charlotte, Marie-Ange et Audrey montrent surtout qu'il n'existe pas de parcours type pour rejoindre la maintenance industrielle. Reconversion, changement de secteur ou envie de découvrir un métier plus manuel : chacune a trouvé sa propre porte d'entrée.

 

Et à mesure que de nouvelles professionnelles franchissent cette porte, le genre apparaît de moins en moins comme un frein pour trouver sa place dans l’industrie.