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Témoignage 08/03/2017

Camille Beuillard-Wolff : artiste électricienne

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Camille Beuillard-Wolff

  - 48 ans

future électricienne

« " Je veux optimiser, rendre plus beau les lieux grâce à l’électricité "

En bref

Loin des plateaux et de la vie d’artiste, Camille Beuillard-Wolff, 48 ans, entame une nouvelle vie professionnelle. Mais toujours avec comme point commun : la lumière. Elle se forme actuellement à l’Afpa de Nîmes au métier d’électricienne pour faire de l’électricité un art.

Camille Beuillard-Wolff n’avait pas la bosse des études – «  j’ai lamentablement raté mon bac » - mais elle avait la fibre artistique et le goût de l’aventure. Aussi à sa majorité, elle quitte son Sud natal pour Paris. « Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie mais j’avais noué des contacts au Festival d’Avignon. Je les ai rejoins », déclare-t-elle tout simplement.
 

Des coulisses du Splendid à celles du Zénith

Une petite annonce au CIDJ et Camille trouve son premier job. Elle sera projectionniste de films. Puis elle retourne à ses premiers amours en travaillant dans un petit théâtre, rue des Lombards, qui deviendra la première adresse du Splendid. « On faisait tout (le son, l’éclairage…), c’était de la grosse bidouille mais j’y ai appris les bases et connu des artistes qui sont devenus célèbres.  On a fait notre chemin ensemble et les petites salles sont devenues des Zéniths.»

Fini la bidouille, Camille Beuillard-Wolff cumule les prestations pour des sociétés de production : assistante éclairagiste sur les plateaux télévisés, poursuiteuse sur les concerts ou défilés de mode… Pendant 20 ans elle enchaîne les déplacements et les horaires décalés. « Toutes ces années, j’ai adoré peindre l’espace. »
 

Une parenthèse enchantée : maman au foyer

Une vie d’artiste qui lui convient mais qu’elle décide de mettre en parenthèse pour la plus belle des raisons : devenir maman. Elle quitte les planches et Paris pour revenir dans le Sud. «Etre intermittente du spectacle et maman, c’est très difficile… à moins d’être Céline Dion et avoir plein de nounous qui vous suivent, rigole-t-elle. Et  la vie parisienne avec un bébé, c’est juste impossible, affreux. » Direction Nîmes où une opportunité les attendait.

Même si ce fut volontaire, la coupure fut brutale : « j’ai arrêté du jour au lendemain sans avoir réfléchi à ma vie d’après, sans aucune idée de reconversion.» Maman mais toujours aventurière, elle part avec sa fille un an au Canada. A son retour en France, il lui faut réfléchir à sa nouvelle vie professionnelle.

Elle se rend au bureau de la Région – « j’avais entendu dire qu’il finançait des formations » - sans trop savoir ce qu’elle veut. « J’étais attirée par la restauration de bateaux mais il faut maîtriser la soudure et il n’y avait pas de formation sur Nîmes ou ses environs. » Finalement, elle opte pour une formation d’électricienne. « J’avais déjà des notions et pour mes projets de conception de restaurants, lieux d’accueils réalisés au Canada, je faisais toujours appel à un électricien pour concrétiser mes idées. Je me suis dit que je serai totalement autonome », explique-t-elle.
 

Electricienne : son nouveau projet professionnel

En formation depuis fin décembre, Camille Beuillard-Wolff ne regrette pas son choix. « Au début cela a été difficile de retourner sur « les bancs de l’école », d’avoir des horaires précis 5 jours sur 7, pour moi qui n’ai jamais eu de patron ni de contrainte. Mais tous les jours, j’apprends de nouvelles choses et c’est formidable. »

Réaliser des saignées et des tranchées, respecter les normes d’une installation… le contenu de la formation est dense « surtout que je suis arrivée 4 mois après les premiers stagiaires. » Pour autant s’intégrer au groupe uniquement masculin a été facile : « les autres stagiaires m’ont très bien accueilli. Entre nous, il y a une très bonne ambiance, une entraide, une solidarité. Je n’ai jamais eu de remarque désobligeante ; au contraire ils m’aident, m’épaulent et on rigole bien.»

A la fin de la formation, Camille aura le titre d’électricienne mais elle ne sera pas une électricienne comme les autres. « Je veux féminiser et rendre artistique l’électricité », affirme-t-elle.
« Je veux optimiser, rendre plus beau  les lieux grâce à l’électricité et je veux que les installations se voient. L’électricité est toujours cachée. Et le tout dans le respect des normes, ajoute-t-elle, une grande découverte après 20 ans de vie professionnelle. » Camille cible essentiellement les hôtels, restaurants, lieux d’accueil : « j’ai déjà des contacts avec des architectes d’intérieurs. Je ferai ça en indépendante. » Mais n’oublie pas les particuliers : « avec le homestaging ou les demandes par internet de petits travaux, il y a un créneau à prendre et particulièrement par les électriciennes. »

Autre projet qui lui tient à cœur : mettre ses compétences au service d’associations ou d’ONG pour installer l’électricité ou des panneaux solaires dans des pays en guerre ou villages reculées. « Mais avec ma fille, je ne pourrai faire ça qu’une à deux fois par an pendant les vacances. »

En attendant, elle sait déjà qu’elle fera une immersion dans les entreprises de deux amis : la première spécialisée dans les panneaux solaires et la seconde dans la climatisation de bateaux, d’hélicoptères…  Des projets qui lui ressemblent.

 

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