Mobilité professionnelle et géographique

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Les études et statistiques de l’AFPA

Mobilité professionnelle et géographique - 07/11/2007

La mobilité résidentielle est l'une des clefs d'adaptation du marché du travail que ce soit pour chercher un emploi ou se former. Plus les actifs sont mobiles sur le marché du travail, plus ils ont d'opportunités pour trouver un emploi. C'est pourquoi, l'AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) a souhaité recueillir l'opinion des français sur la mobilité géographique et professionnelle, dans une étude exclusive « AFPA - Opinionway » réalisée en octobre 2007 auprès de plus de 4000 personnes. Bouger ? La situation est évidemment très contrastée en fonction des conditions du changement évoqué : tout seul, en famille, les hommes suivant leurs épouses, les femmes suivant leurs maris, dans la région ou le département voisin, à l'étranger ? Autant de situations qui ont été évoquées auprès des personnes interrogées et qui permettent de comprendre leur opinion.

Bouger oui, mais pas trop loin !

S’ils sont presque un sur deux à déclarer pouvoir changer de résidence si celle-ci reste en France (un autre département, une autre région), cette proportion tombe à 29% s’il s’agit de partir hors de nos frontières. Les motivations liées au changement sont évidemment différentes pour un actif ou pour un demandeur d’emploi.

A ce titre, les actifs qui résident au nord d’une ligne imaginaire centrée autour de la Seine semblent plus motivés, avec un pic à 61% pour l’Ile-de-France (dont les habitants, traditionnellement, souhaitent rejoindre des contrées plus tranquilles).

Pour le reste de la France, hormis Poitou-Charentes, c’est PACA qui décroche la palme avec 49% de candidats à la mobilité interrégionale.

Pour les demandeurs d’emploi, en revanche, on notera l’envie des habitants du sud-est de rester chez eux, pour des raisons que l’on imagine liées au cadre de vie. En revanche, l’image d’une façade Atlantique sédentaire est battue en brèche par les chiffres, puisque les demandeurs d’emploi bretons sont jusqu’à 59% à se déclarer prêts à déménager.

Mobilité sans frontières ?

Si elles n’existent plus dans l’espace Schengen, les frontières semblent se perpétuer dans les mentalités lorsqu’il s’agit de déménager pour changer de pays. Les Français actifs interrogés par l’AFPA étaient 46% à se déclarer prêts à déménager dans une autre région pour changer d’emploi, dans le cadre d’une promotion au sein de leur entreprise ou du développement de leur activité, et cette proportion descend à 29% quand il s’agit de déménager à l’étranger.

La répartition géographique des opinions est intéressante à plus d’un titre. Une grande moitié ouest semble rétive à l’idée de changer de pays pour des raisons professionnelles.

La situation est pus contrastée dans le reste du pays. Le quart sud-est est le plus motivé (avec l’Ile-de-France), la région Rhône-Alpes venant en tête avec 42%. A l’inverse le quart nord-est est globalement moins motivé (Nord-Pas-de-Calais 18%), à l’exception de l’Alsace (31%). Ces régions, habituées aux interpénétrations avec les pays voisins vivent donc l’idée d’un déménagement différemment. On peut imaginer qu’un habitant de Lille peut envisager de travailler outre-quiévrain.

Pour ce qui concerne les demandeurs d’emploi, on remarque en revanche une véritable évolution des mentalités. Une nouvelle fois, les Bretons sont les plus motivés, puisqu’ils sont 48% à se déclarer prêts à déménager à l’étranger pour trouver un emploi. A l’opposé, les Rhône-alpins (20%) et les habitants de PACA en demande d’emploi sont parmi les moins motivés.

Qualifiés pour bouger ?

L’enseignement le plus intéressant de cette étude concerne la situation propre des interviewés autour de leur progression professionnelle, de leur place dans l’entreprise, et, de manière plus large, de leur qualification. Pour résumer : plus on est qualifié et en haut de la hiérarchie de l’entreprise, plus on a de motivation pour continuer à évoluer, y compris hors des limites du département, de la région ou du pays.

Ainsi, chez les actifs, 60% des cadres et professions libérales se disent prêts à changer de région, 56% chez les répondants ayant suivi des études supérieure quand ils ne sont que 28% chez les non diplômés ! Cette caractéristique liée à la position et au niveau d’étude se retrouve lorsque la question du changement de pays est posée.

Les motivations profondes de la mobilité

Quelles sont les principales motivations qui poussent les personnes qui se disent prêtes à déménager à changer de domicile, pour rejoindre une autre région ou un autre pays ?

La question ayant été posée dans le cadre d’une circonstance de mobilité professionnelle, on pouvait imaginer que les motifs liés à l’emploi lui-même seraient prépondérants. La réponse est plus complexe à trancher. Certes la dimension financière liée au nouveau travail (rémunération, niveau de vie) est citée en tête, mais à exacte égalité avec la qualité de vie, et la proximité avec des membres de la famille et les amis est tout de même citée par 40% des répondants.

Ces chiffres sont intéressants, car ils sont vérifiables pour toutes les régions et, à l’exception des plus de cinquante ans et des chefs d’entreprise qui mettent la qualité de vie à plus de 80%, ils sont confirmés, quelles que soient les profils des personnes interrogées. Notons par ailleurs que les demandeurs d’emploi, moins attachés aux perspectives d’évolution de carrière, sont tout autant vigilants sur les conditions liées à la qualité de vie.

Les proches : un frein à l’éloignement

L’AFPA a ainsi voulu connaître les freins à la mobilité auprès des 47% des actifs qui déclarent ne pas être prêts à déménager (y compris les demandeurs d’emplois).

Ce qui retient le plus les Français, ce n’est pas le refus de quelque chose, ailleurs, mais l’attachement à ce qu’ils ont déjà, de plus proche, autrement dit la famille et les amis. Cette sphère des proches est citée au total à 81% par cette partie de la population interrogée. Cet attachement pour les proches est particulièrement vrai pour les 18-24 ans (92%) et les demandeurs d’emploi (88%), qui par ailleurs, sont les plus attachés à leur commune et à leur département.

Par ailleurs, ce besoin de « sécurité » pour l’univers direct est perceptible au travers du logement (43% de citations) et de la commune actuelle (42%).

Pour un grand nombre de ces personnes, aucun autre argument ne peut venir modifier leur opinion puisque, quoi qu’il arrive « leur situation professionnelle actuelle leur convient » (68%). Ces personnes, en apparence satisfaites de leur situation professionnelle actuelle se recrutent en priorité parmi les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (84%)… Et tout particulièrement les agriculteurs : 92% de citations au total. La qualité de vie ressentie par les habitants du grand Ouest de la France les retient suffisamment pour constituer un frein à la mobilité (plus de 70% contre 54% en moyenne).

Jamais sans mon conjoint : les hommes s’y mettent

L’un des principaux freins à la mobilité, en dehors de ceux étudiés précédemment est devenu l’emploi du conjoint. On compte désormais en France deux tiers de couples « bi-actifs » et le taux d’activité des femmes entre 25 et 55 ans est d’environ 80%. Ainsi réfléchir sur la mobilité demande de prendre en compte cette perspective sociale. Bouger pour des raisons professionnelles est une chose, bouger pour des raisons professionnelles du conjoint en est une autre.

L’AFPA a voulu savoir si les Français étaient prêts à déménager si la personne qui partage leur vie avait une opportunité professionnelle qui impose un déménagement. Pour 24%, oui quoi qu’il arrive, et pas seulement chez ceux qui n’occupe pas d’emploi actuellement puisque même parmi les cadres on trouve 30% d’inconditionnels.

Si l’on ajoute les personnes qui se disent prêtes à déménager, mais sous certaines conditions (36%), nous arrivons à une grande majorité (60%) de français mobiles par attachement au couple (avant leur propre situation).

Mais l’information qui frappera les esprits concerne l’évolution des mentalités. Sur l’ensemble des français, l’écart hommes/femmes devient très serré, prouvant que l’époque ou seul le mari décidait quand la femme suivait est révolue.

La progression de la bi-activité, l’emploi des femmes…et l’évolution de la société sont passés par là, et, désormais, 57% des hommes seraient prêts à déménager si la personne qui partage leur vie avait une opportunité professionnelle qui impose un déménagement … Les chiffres se rapprochent. A quand l’inversion ?

L’étude a été réalisée par l’Institut OpinionWay, auprès d’un échantillon de 4274 individus, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, après stratification par région de résidence. Afin de pouvoir analyser les résultats par région administrative, 200 interviews dans chacune des 22 régions métropolitaines (hors Corse) ont été réalisées. Lors du traitement statistique des données, le poids de chacune des régions a été pondéré afin que l’échantillon total soit représentatif de la population française. Mode d’interrogation: L’échantillon a été interrogé par téléphone, au domicile des interviewés.

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