Se réorienter dans l’industrie aéronautique ou spatiale, un doux rêve ? Pas pour l’association Hanvol qui vient de recevoir le prix Pépite pour son engagement en faveur de l’insertion des travailleurs Extra-ordinaires.
Astrium, Dassault Aviation, Goodrich, MBDA, Safran, Thales. Des grands noms de l’aéronautique. Tous réunis au sein de l’association Hanvol pour faciliter l’accès à l’emploi des personnes handicapées dans l’industrie aéronautique et spatiale.
« L’industrie aéronautique et spatiale donne l’impression d’être un secteur inaccessible. C’est un secteur de hautes technologies où une formation spécifique est nécessaire. Cela fait peur et les personnes s’autocensurent or de nombreux métiers restent abordables, même pour les personnes en situation de handicap », explique Claude Legras, délégué de l’association Hanvol.
Plus qu’une simple formation, Hanvol propose un véritable parcours de reconversion. « Les personnes engagées dans ce dispositif sont des personnes fragiles (fragilisées). Au-delà de leur handicap, elles ont connu des galères professionnelles ou financières. Il faut leur redonner confiance et le goût d’apprendre. »
C’est pourquoi, une fois leur candidature retenue, ces personnes suivent une préformation dispensée par l’AFPA de Paris où interviennent également Airemploi et le CFA des Métiers de l’Aérien. Remise à niveau dans les matières générales et techniques, travail sur les compétences transversales, découverte des métiers… en 10 semaines ils doivent préparer leur candidature et confirmer leur projet professionnel.
« Les postes proposés par les entreprises adhérentes sont ouverts à la concurrence. Ce ne sont pas des postes réservés. Les entreprises n’embauchent plus pour atteindre leur quota mais embauchent parce que le candidat possède les compétences qu’elles recherchent », indique Claude Legras.
Ainsi en 2010, 23 postes ont été ouverts, 13 personnes ont suivi la préformation et 8 ont signé un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Cette année, 60 postes ont été proposés, 12 personnes ont été sélectionnées et 10 ont signé un contrat de formation par alternance (candidaté, 10 ont été retenues).
Ajusteur, monteur, usineur, chaudronnier, électronicien, dessinateur-projeteur, qualiticien, technicien usinage… autant de parcours de reconversion possibles. « 95 % des candidats n’ont aucune expérience dans ce domaine. Ils viennent avec une idée en tête et leur projet professionnel évolue dans le temps pouvant aller jusqu’à un changement d’orientation après la découverte des métiers du secteur. (changent d’orientation en cours de route.) »
Ce qui était au départ qu’une simple formation de plus, devient un projet de vie réellement concret après les visites d’entreprises. « Ils découvrent les métiers dans leur environnement de travail. Cela leur parle », déclare Claude Legras.
Un projet de vie à construire en deux ans. « La plupart de niveau CAP / BEP vont ressortir avec un niveau bac ou bac + 2 et une expérience dans un grand groupe. » Un challenge difficile mais motivant.