Arkema France vient de renouveler son accord d'entreprise "emploi et handicap". Corinne Dufrechou, responsable ressources humaines, nous explique comment est décliné l'accord sur un des sites du groupe.
« Etre référente handicap, être face à des personnes qui ont vécu des coups durs dans la vie me permet de relativiser et de prendre du recul par rapport à mon métier particulièrement exposé », déclare Corinne Dufrechou, responsable ressources humaines du site du Groupement de recherches de Lacq, entité faisant partie de la Société Arkema France.
Entreprise du secteur chimique, soumis à autorisation, le site du Groupement de recherches de Lacq pourrait être prescripteur d’handicap. Il n’en est rien selon Corinne Dufrechou. « Nous avons une politique sécurité et de prévention omniprésente : masques, EPI, gestes et postures (tenir la rampe des escaliers, bien plier les genoux pour s’agenouiller)…Le déploiement des mesures est très encadré afin que tous nos 266 professionnels (salariés et intervenants extérieurs) partagent une même culture de la sécurité. »
Néanmoins, cette politique ne peut éviter l’usure professionnelle ou les accidents de la vie. « Au cours de leur carrière, certains salariés développent une maladie invalidante, un handicap, des allergies. Pour certains, cela ne nécessite que des aménagements : matériel spécifique, rythme de travail modifié ; pour d’autres une reconversion s’impose. »
Corinne Dufrechou a récemment été confronté à ce cas. Une technicienne chimiste a pu être reclassée à un poste d’assistante commerciale. « C’est grâce à un bilan de compétences que ce métier est sorti du lot. Une opportunité s’est présentée et cette salariée a pu rester sur notre site. »
Recruter est plus problématique. « Nous avons peu de candidatures de travailleurs handicapés. Manque de qualification, effet « grand groupe », peur de mentionner leur handicap… les raisons sont multiples. Mais il est toujours difficile de se reconnaître handicapé, le mot fait peur. »
Un questionnaire envoyé à tous les salariés l’a prouvé. Pour 99 % d’entre eux, handicap est synonyme de fauteuil roulant. Or, les personnes en fauteuil roulant ne représentent que 5 % de la population handicapée. « Et il y a de nombreux handicaps qui ne sont pas visibles », ajoute-t-elle.
Aussi Corinne Dufrechou a créé un livre de contes qui relatent le parcours professionnel de travailleurs handicapés. Les instances représentatives du personnel sont fortement sensibilisées à ce sujet et l’an dernier, 13 tuteurs volontaires ont été formés pour accueillir les nouveaux collaborateurs souffrant de handicap. Autant d’actions pour favoriser un vrai changement de regard sur le handicap.